Les métiers de la sécurité à l'hôpital

Les métiers de la sécurité à l'hôpital

La sécurité à l’hôpital rassemble deux corps de métier spécifiques, répondant aux besoins en termes de sécurité incendie comme de sûreté face à la malveillance.

Les ADS face à la montée de la violence

Autrefois respectés, les lieux et les professionnels du soin sont sujets à une agressivité chaque année plus importante. Une tendance soulignée par les rapports alarmants de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) qui montrent une multiplication des actes de malveillance depuis une décennie.

12 432 actes de malveillance

dont

9 190 actes de violence sur personne

420 actes de dégradation

Les agents de sûreté (ADS) sont généralement déployés aux points clés des établissements de santé. Aux accès, tout d’abord, où ils effectuent un travail de filtrage, de contrôle d’accès, mais aussi d’accueil et d’assistance. Face aux patients agressifs et angoissés, face aux familles inquiètes et désorientées, les ADS placés aux entrées des centres hospitaliers jonglent entre amabilité et dissuasion, entre dévouement et intimidation.

Au-delà des accès, la violence est concentrée dans deux services de l’hôpital : les urgences et la psychiatrie. C’est aux urgences que se cristallisent tous les facteurs qui créent de l’hostilité : l’angoisse, la frustration face aux longues heures d’attente, sans oublier la présence de patients alcoolisés, drogués, etc. Aux urgences, les ADS disposent d’une présence dissuasive. Mais lorsque cela ne suffit pas, c’est un exercice de diplomatie qu’ils doivent pratiquer. Dans un lieu où la moindre étincelle peut créer une réaction en chaîne de violence, le dialogue reste la meilleure arme des agents. Une méthode pacifique qui permet de désamorcer 90 % des situations risquées.

Un luxe que le service psychiatrique offre rarement. Face à des patients sujets aux crises de délire, les ADS sont souvent tenus d’affronter la violence déraisonnée. Des situations qui laissent peu de place au dialogue. La présence des agents de sûreté y est essentielle, compte tenu des risques encourus par les soignants.

Dans un lieu où la moindre étincelle peut créer une réaction en chaîne de violence, le dialogue reste la meilleure arme des agents. Une méthode pacifique qui permet de désamorcer 90 % des situations risquées.

Les SSIAP face aux risques d’incendie

Les risques d’incendie sont omniprésents à l’hôpital. Les laborantins y manipulent des produits chimiques, les archives y contiennent des papiers par tonnes, des matériaux inflammables y peuplent chaque pièce. C’est aussi un lieu où le feu peut faire le plus de ravages : les locaux à sommeil sont occupés par des patients n’ayant pas toujours la possibilité de se déplacer.

Les SSIAP s’y partagent des missions allant de la prévention à l’intervention. Ils ont pour tâche première de s’assurer de l’absence de risques d’incendie, du bon fonctionnement du matériel de lutte contre le feu et de l’accessibilité des couloirs d’évacuation.

Les procédures d’évacuation, de protection et de sécurisation diffèrent dès lors qu’elles se déroulent dans un établissement hospitalier.

La sécurité horizontale

Dans la plupart des établissements recevant du public (ERP), les évacuations se font de manière verticale : le public se déplace des étages vers la sortie, au rez-de-chaussée. Dans les ERP de type U ou J (hôpitaux, maisons de retraite, etc.), une telle procédure est impossible à mettre en place. En cause : un public qui montre des difficultés à se lever, se déplacer, emprunter les escaliers lorsque les couloirs d’ascenseur sont condamnés.

Pour répondre à ce facteur de danger, c’est le transfert horizontal qui s’applique – une procédure qui fait l’objet d’une formation.

Dans le cadre des évacuations horizontales, le public ne rejoint pas la sortie mais une zone sécurisée, protégée de la partie sinistrée par des murs et portes coupe-feu.

Ce protocole requiert des règles précises de prévention.

Sur un même étage, des zones prédéfinies doivent fonctionner en parfaite autarcie et disposer de leur propre équipement de lutte contre l’incendie. Des circuits fermés sont également prédéfinis, pour entraver la propagation du feu et permettre au public de trouver refuge sans changer d’étage.

Mieux vaut prévenir

La prévention reste un enjeu primordial à l’hôpital. Au cœur du danger : les laboratoires d’analyses, les réserves de médicaments et autres conteneurs de produits chimiques. Cela fait partie de la mission des SSIAP que de contrôler l’ensemble des points névralgiques de l’établissement.

Les agents suivent des rondes pointées, une manière de s’assurer que rien n’a été laissé au hasard.

Les travaux font également l’objet d’une surveillance et de la délivrance d’un permis de feu, qui autorise l’utilisation des chalumeaux, de la soudure, etc. Le matériel de lutte contre le feu doit être quotidiennement vérifié, notamment la présence de la gâchette sur les extincteurs.

Les rondes ne peuvent jamais s’arrêter : l’hôpital est une ruche où rien ne reste jamais en place. En cas d’évacuation, des itinéraires sont dédiés au passage du public – des couloirs qui doivent être dégagés et praticables en permanence. S’assurer de l’accessibilité du parcours d’évacuation est un acte journalier de prévention.

D’autres protocoles peuvent s’appliquer selon les spécificités de l’établissement. Si celui-ci est équipé d’une hélistation, les SSIAP sont généralement formés à l’intervention lors de l’arrivée d’un hélicoptère : sécurisation de l’atterrissage, accompagnement du blessé jusqu’au bloc opératoire, etc.

Des éléments extérieurs, enfin, peuvent donner lieu à des exercices spécifiques : le plan Vigipirate, qui a bouleversé les rondes, ou encore les inquiétudes liées au réveil d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Des SSIAP avaient alors été formés à l’arrivée potentielle d’un patient porteur du virus.

Décryptage
Références
Retrouvez toutes nos références :
Voir les références